Les avancées dans le diagnostic et les traitements des pathologies immunologiques et inflammatoires ont fait évoluer la prise en charge des malades vers un parcours majoritairement ambulatoire. Les unités d'hospitalisation complète de médecine interne des centres hospitaliers généraux et universitaires accueillent ainsi principalement des patients dans un cadre non programmé, en provenance des services d'urgence ou de la médecine de ville. La variété des diagnostics est très importante. Ce travail analyse l'évolution de l'activité des trois services de médecine interne des hospices civils de Lyon (HCL, groupement hospitalier Centre, Nord et Sud) entre 2018 et 2022, période stable sur le plan de la configuration des services et des équipes médicales malgré l'épidémie de COVID-19. Analyse de tous les résumés d'unité médicale (RUM) d'hospitalisation complète et d'hôpital de jour de 2018 à 2022 des trois services de médecine interne des HCL réalisés par le PMSI. Sont rapportés le type de prise en charge, l'évolution de la durée moyenne de séjour (DMS), le parcours de soins et les caractéristiques des patients stratifiés par niveau de sévérité. Les trois services ont vu augmenter leur activité globale et celle de leur hôpital de jour (virage ambulatoire net à partir de 2018) tandis que le nombre de séjours d'hospitalisation complète restait stable. Les diagnostics pneumologiques représentaient le domaine d'activité le plus fréquent (18–27 %) et ceci sans changement depuis 2018. Les quatre domaines d'activité les plus fréquents pour chacun des trois services représentaient seulement la moitié des séjours avec un case mix très étendu. Outre la pneumologie, les diagnostics pour lesquels les patients étaient les plus fréquemment hospitalisées correspondaient à l'hématologie, la gastro-entérologie (pour deux sites) et la neurologie (pour un site). L'analyse des parcours montrait une admission via les unités d'urgence pour plus de la moitié des séjours (jusqu'à 66,3 %), un taux de décès en hospitalisation multiplié par deux sur la durée d'étude (entre 2,1 et 4 % selon les sites), et une augmentation des sorties vers les services de Soins Médicaux et Réadaptation (SMR, jusqu'à 11,2 %). L'analyse des caractéristiques des patients retrouvait une augmentation : de la précarité (jusqu'à 20,7 %), de l'âge moyen (68 ans, sur deux services), du score de Charlson indépendamment de l'âge (dans deux des trois services) et du pourcentage de séjours de sévérité 3 et 4 (29,6 et 12,1 %). Ceci s'associait à une augmentation globale des durées moyennes de séjour (+1,6 jours) dans les trois services, plus marquée pour les patients orientés ensuite en SMR (jusqu'à 8,7 jours) sur les quatre années d'étude. Cette analyse d'activité confirme la très grande polyvalence du recrutement de la médecine interne y compris en CHU. Sous réserve d'une analyse réalisée uniquement à partir du codage PMSI entre 2018 et 2022, l'activité des trois services de médecine interne lyonnais montre des durées de séjour plus longues en hospitalisation pour des patients plus âgés, présentant davantage de comorbidités et des profils de sévérité plus élevés, comme en atteste également l'augmentation du nombre de décès et du recours aux unités d'aval en SMR persistant après l'épidémie de COVID-19. L'analyse montre également une bascule des séjours programmés vers l'hospitalisation de jour. Cette évolution d'activité confirme la place essentielle de la médecine interne dans le système hospitalier, ainsi que son adaptabilité au vieillissement et à l'augmentation des comorbidités de la population comme l'a souligné la conférence de concertation de notre discipline. Elle montre également l'importance de renforcer les ressources humaines médicales et paramédicales, et de revoir la fluidité des parcours d'aval pour des patients plus sévères.
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